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Australia, another step in Darwin's shoes

a travel blog by Anne & Sam


Après l'Argentine et la Terre de Feu, nous revoilà sous des latitudes australes dans les traces du père de la théorie de l'évolution. Il ne nous restera plus que les Galapagos...


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Paris - Hong Kong - Sydney

Hong Kong, Hong Kong


(1) Tout commence dimanche 14 mars, 9h30 (Heure de Paris) avec un dernier petit déjeuner français chez nous (tartine à la confiture de rhubarbe, thé Marriage Frères et Fruit Juice "maison").
(2) Puis on attrape un taxi place de Clichy, aéroport de Roissy, check-in, passage de la sécurité sans ceinture ni chaussure et passage rapide au duty free avant de rejoindre le salon Air France. Il est 12h30 (Heure de Paris) et nous prenons notre déjeuner dans le terminal 2E (plus provisions de crackers en prévision de la suite des évènements).
(3) Viennent ensuite le train-train de l'embarquement, du décollage et des procédures de sécurité. Il est 15h30 à Paris, mais 22h30 à Hong-Kong (notre prochaine escale) et les hôtesses jugent que c'est l'heure idéale pour dîner. On s'exécute donc sans broncher. C'est d'ailleurs plutôt correct.
(4) On enfile les bas de contention achetés au duty free et on réalise très vite que ringard que ça ait l'air, ce n'est pas seulement meilleur pour la santé mais aussi beaucoup plus confortable (fini les pieds qui gonflent). On s'enfile une comédie très moyenne sur écran timbre poste. On dévore 1/4 de bouquin. Il est 19h30 à Paris, 2h30 du matin à Hong-Kong et le personnel de bord nous sort le buffet spécial des vols asiatiques (chinese noodles et glaces Hagen-Daz).
(5) On enchaîne avec 2 films de plus et encore 1/4 de bouquin en se répétant mutuellement qu'il ne faut surtout PAS dormir ! Il est 23h30 chez nous, 6h30 à destination, c'est l'heure du petit-déj (carrément top d'ailleurs, même en affaire sur la Réunion, c'était moins bien)
(6) Atterrissage à Hong-Kong sans encombre. Changement de terminal au pas de course. Toilette rapide dans les WC du terminal. Et re-embarquement. 4h30 (Heure de Paris), mais 13h30 à Sydney, donc on nous sert le déjeuner (franchement dégueu et du coup, on attaque les stocks de crackers du lounge Air France)
(7) On remet nos bons vieux bas de contention, on entame un mauvais film, on lit 3 pages de notre bouquin… et on craque : 2h de mauvais sommeil qu’on regrettera plus tard ! Il 11h00 à Paris, 20h00 à Sydney, donc les hôtesses nous réveillent pour un dîner immangeable (vive les crackers !)
(8) Atterrissage shaky mais le pilote a quand même droit à des applaudissements (les Australiens sont courtois en toutes choses). Le taxi nous fait traverser la ville. On ne voit rien parce qu'il fait nuit et qu'on est dans les choux.
Il est 23h00 quand on arrive à notre B&B (14h00 chez nous) et on se languit d'un petit déjeuner. Nadia, notre hôte, nous trouve ce qui s'en rapproche le plus ici et maintenant : un pub devant la mer où la pizza est un peu grasse mais la bière fraiche.
WELCOME TO SYDNEY !

Conclusion 1 : Il y a à peine 200 ans, Darwin à mis près de 27 mois pour rallier l'Australie depuis la vieille Europe. Nous, nous ne mettons que 24h porte à porte (dont 20h de vol et huit repas). Finalement, ça se fait plutôt bien, mais plus le voyage est rapide, plus le jet-lag est violent (il ne fallait PAS dormir !)
Conclusion 2 : Les bas de contention, c’est sans doute un truc de vieux, mais ça change la vie (on ne volera plus sans !)

http://picasaweb.google.com/microsam/HongKongEscale#
PS : au long des posts, je glisserai les liens vers les albums picasa où sont stockées les photos. Que Géraud et David soient indulgents, ce ne sont que des photos de voyage ;o)

permalink written by  Anne & Sam on March 14, 2010 from Hong Kong, Hong Kong
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Dormir à Bondi Beach, l'australian way of life

Bondi Beach, Australia


Sydney s'étend sur une vingtaine de km tout autour de la célèbre baie où trône son opéra. Au Nord, son expansion est arrêtée par les parcs nationaux des Northern Beaches. A l'Ouest, ce sont les contreforts des Blue Mountains qui marque sa limite. Au Sud, les banlieues résidentielles continuent de s'étendre. Et à l'Est, bien sûr, toujours plus près de l'océan...
La plupart des guides conseillent aux touristes de s'installer dans King-cross ou Paddington, deux quartiers centraux très pratique pour rayonner. Sur les conseils de Géraud, nous, nous avons opté pour Bondi Beach. Là où vivent les Australiens qui travaillent à Sydney et veulent profiter de son cadre autant que de son climat paradisiaques.
J'oublie volontiers notre première rencontre avec le quartier (pizza et bières en sortant de l'avion sous grosse dose de jet-lag) pour me concentrer sur les suivantes. C'est le matin que tout se passe :
Le premier, après une nuit complètement blanche, on croit se lever tôt en allant petit déjeuner à huit heures. On s'installe chez Gusto (ce qui deviendra vite une habitude) et on dévore un Maxi Gusto Granola Jam Combo (un bol, une couche de fruits, un couche de yogourt, une couche de céréales, une couche de yogourt et un topping de rhubarbe et de myrtilles). On regarde passer deux ou trois surfers pieds nus et très pressés d'aller se mettre à la baille. On trouve ça sympa l'idée de surfer avant le boulot et on se dit que la vie a l'air paisible ici...
Le second matin, on est debout encore un peu plus tôt parce qu'on a prévu une ballade à Manly. Il est 7h30 et on les voit tous passer, tout juste sortis du lit, pieds nus et serviette sur l'épaule, puis revenir tout mouillés, chopper un Maxi Gusto Granola Jam Combo, rentrer se changer et partir bosser. Décidément l'ambiance est tranquille et ça donne envie d'être matinal.
Troisième matin, j'ai complètement digéré le jet-lag, mais je me réveille avec le soleil et me dis que, tant qu'à faire, autant aller faire de ou trois photos. Il est 6h, je suis un peu dans le colletar, je m'attends à me retrouver seul sur la plage avec mon appareil... Mais ils sont tous là !
La plage est bondée. Sous les lumières hallucinantes du soleil levant, ils courent, ils surfent, ils font des pompes, des abdos, s'entraînent en groupe ou en solo. C'est un vrai club de fitness en plein air.
On comprend un peu mieux le culte de corps ambiant, les bombes atomiques qui défilent en mini-shorts partout et les surfers sculpturaux qui les accompagnent...
En attendant, habiter ici, surfer tous les matins, puis prendre son ferry pour aller bosser, il y a sans doute de quoi perdre un peu de gras et faire du muscle. Ajoutons à cela, les boutiques/café/table d'hôtes bio (ici on dit "organic"). Le sable blanc, fin et toujours propre. Les graffitis le long de la plage. Tout ça fait d'une vie à Bondi Beach une perspective plutôt attirante. The australian way of life...
Merci Géraud pour ce bon conseil !

Et les photos sont là : http://picasaweb.google.com/microsam/BondiBeach#

permalink written by  Anne & Sam on March 15, 2010 from Bondi Beach, Australia
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Sydney City Center, so far away from home

Sydney, Australia


Aujourd’hui, on part à la découverte du centre ville. On achète deux tickets pour Circular quay Station. On court après le bus. On s’émerveille de la civilité des Australiens (les jeunes se lèvent pour laisser leur place aux vieux, les vieux se lèvent pour laisser leurs places aux femmes enceintes, les femmes enceintes se lèvent pour laisser leurs places aux poussettes, puis les vieux se relèvent et les jeunes leurs cèdent la place pour finir debout. Toujours les mêmes qui trinquent…). On traverse Paddington et ses façades far-west, Kingcross qui affichent ses couleurs gay en longues bannières suspendues à tous les lampadaires, et nous voilà arrivés à Circular Quay
(gare centrale et départ des ferries), le cœur de Sydney, coincé entre ses deux monuments les plus emblématiques : le Harbour Bridge et l’Opéra House.
Après ces deux grands classiques, on fait une pause le temps de se rafraîchir. Et on réalise, concrètement et pour la premières fois, qu’on est très loin de chez nous sous des latitudes exotiques. Ici, ce ne sont pas des hordes de pigeons boiteux et déplumés qui se battent pour les miettes de notre encas,
mais une bande de perruches multicolores qui en veulent aux sachets de sucre sur notre table. Un peu étonnés, le sourire aux lèvres, mais surtout désaltérés, nous reprenons nos déambulations dans les rues impécablement propres de Sydney.
Un patchwork surprenant de monuments victoriens et de gratte-ciels. On traverse Saint Martin Place, on remonte Hyde Park, puis on bifurque pour entrer dans les Royal Botanic Gardens. Le dépaysement commence doucement :
la mue des Eucalyptus, quelques nénuphars colorés et des ibis qui se baladent entre les pic-niqueurs. Ca monte en puissance quand on voit la taille des araignées qui tissent leurs toiles
au milieu des allées. Et puis ça atteint son climax quand on entend le boucan que font les perruches…
Sauf que ce ne sont pas des perruches, mais une colonie de chauve-souris. Elles sont des milliers suspendues dans les arbres en plein cœur de Sydney (le Royal Botanic Garden est l’équivalent de Central Park) et elles sont énormes (90cm d’envergure, et le corps d’un très gros hamster). Le restaurant lounge du parc est hyper classe, déco colonialo-design, carte nouvelle cuisine, et une terrasse dans les arbres.
On déjeune donc face à des dizaines de rats ailés qui se chicanent en poussant des piaillements stridents)
On sait que ça ne fait que commencer, mais on se sent déjà très loin de chez nous…

Et les photos sont là : http://picasaweb.google.com/microsam/SydneyCityCenter#

permalink written by  Anne & Sam on March 16, 2010 from Sydney, Australia
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Sydney northern and eastern beaches

Manly, Australia


Manly est la péninsule septentrionale symétrique de Bondi Beach par rapport à la baie de sydney. A vol d'oiseau, cette banlieue résidentielle très chic n'est guère à plus de trois km de notre B&B, mais pour y accéder nous devons prendre le bus jusqu'à Circular Quay comme hier et attraper, de là, un ferry qui nous emmène vers les plages du Nord. Au total, on met bien 1h30 pour faire ces trois malheureux kilomètres, mais ça nous permet de voir l'opéra depuis la mer (ce qui est une expérience en soi). On ne peut d'ailleurs vraiment prendre conscience de la configuration de Sydney que depuis la baie autour de laquelle la ville s'est développée. Les criques et les falaises s'enchaînent avec partout, entre, des cottages et des villas, sculptées dans le béton et le verre. On ne peut pas dire qu'il y ait une quelconque homogénéité dans cet urbanisme débridé, mais les architectes s'en donnent à coeur joie et les immenses baies vitrées avec vue plongeante sur la mer, ou piscine en terrasse font rêver.
Arrivés à Manly, on attaque une ballade d'une dizaine de km qui longe d'abord les résidences classieuses à l'intérieur de la baie pour monter ensuite sur la falaise, et sillonner le parc naturel des Balgowlah Heights. Les perruches piaillent dans les eucalyptus, les iguanes détalent devant nous - ou dressent le cou en nous observant avec méfiance – tandis que les criques désertes font face au centre de Sydney dont on aperçoit les tours (à peine à une dizaine de minutes en ferry).
Après trois bonnes heures de marche, on descend le Corso (l'avenue centrale de Manly) pour rejoindre le front d'océan et trouver un restaurant. Anne se fait, à cette occasion, une idée assez définitive de la gastronomie australienne : ils sont capables de faire de gros efforts sur le design, ils sont particulièrement poètes dans l'écriture des menus, mais ils font payer très cher une cuisine médiocre (à tout le moins) et, du coup, prétentieuse...
On fait un détour par pour trouver un magasin de pompes. Au retour d'Argentine, j'avais oublié les baskets d'Anne dans la valise en soute (l'obligeant à descendre à Orly en tongues dans 10cm de neige). Mais cette fois, j'ai carrément oublié de mettre ses chaussures de marche dans la valise (Précisons quand même qu'elle avait, elle, oublié de les sortir du placard)... Et deux jours avant de partir trecker dans l'Outback, il est grand temps de rattraper le coup. Je lui offre donc une belle paire de training tendance hiking (mais pas idéale pour aller travailler selon le vendeur. Oui, ici on va travailler en baskets).
Le lendemain, on tente la ballade symétrique dans notre chère Bondi Beach. Le quartier est encore plus résidentiel. Le sentier a été totalement aménagé pour les joggers qu'on croise à toute heure.
Et on ira finalement pas jusqu'au bout car le paysage devient vite lassant quand on atteint les immeubles de bord de mer. En revanche, on passe par tout un tas de petites criques où les vagues sont « big ». Ici, c'est pas pour les surfers débutants. Pour nous en revnche... On décide de piquer une tête à Tamarama Beach. Les rouleaux nous épuisent en 10 mn, mais au moins il n'y a pas de méduse.

http://picasaweb.google.com/microsam/ManlySpit#
http://picasaweb.google.com/microsam/EasternBeaches#

permalink written by  Anne & Sam on March 18, 2010 from Manly, Australia
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To the Red Center of Australia

Alice Springs, Australia


Cinq heures du matin, notre avion décolle de Sydney. 10h30, escale à Melbourne (avec une heure et demi de décalage horaire). Et on atterrit à Alice Springs. La capitale de nulle part à 400 km au Nord d'Ayers Rock. Mais c'est d'ici que partent les tours pour le bush et Uluru. L'essentiel de ses 28 000 habitants vivent d'ailleurs du tourisme.
Ca ne ressemble honnêtement pas à grand chose. L'hotellerie y a autant de charme qu'un blockhaus en plein désert. La ville a un vague look far west, mais compte deux ou trois anecdotes amusantes :
- Ici, répondre à la question "qu'est-ce que tu fais dans la vie ?" par "I'm landscaping" peut soit apporter de gros ennuis, soit permettre d'emballer grave dans les saloons. Parce qu'il y a une base de la CIA, toujours en activité, à dix km du centre-ville et que ces 1500 employés sont tous... jardiniers.
- Tous les ans, une régate est organisée sur la Finke River. Qui est asséchée 364 jours par an ! Les participants portent donc leurs bateaux sur les épaules. Et quand la régate est annulée, c'est justement parce qu'il y a de l'eau !
- On est considéré comme un autochtone à Alice Springs quand on a vu couler trois fois la Finke rivière. Cette année cependant la population autochtone a significativement gonflée car l'été a été particulièrement pluvieux : la rivière a débordé trois fois en une semaine.
C'est d'ailleurs un spectacle hallucinant pour nous parce que le désert est totalement vert (et rouge un peu). Et comme disent les locaux, le Red Center est devenu le Green Center.
Eux trouvent ça ridicule parce qu'ils sont très fiers de vivre dans un environnement aussi hostile, mais nous on ne regrette pas du tout le record des 12 jours consécutifs au dessus de 40°C et on se contentera d'un petit 34 paisible.
On se promène dans les rues plombées de soleil d'Alice Springs. Des aborigènes désoeuvrés ont l'air de s'ennuyer à l'ombre des eucalyptus. Ils sont assis dans l'herbe, mangeant ou buvant (malgré le contrôle extrêmement sévère exercé sur l'alcool : une cuite peut leur valoir cinq ans de prison). Il y a quelque chose de triste dans leur inactivité...
Le départ pour l'Outback est prévu demain matin à 6h, et on occupe notre après midi en visitant le desert park. Une précaution que j'avais déjà prise au canada. Au moins si on revient bredouille du bush, on aura quand même une photo de kangourou !

http://picasaweb.google.com/microsam/AliceSprings#

permalink written by  Anne & Sam on March 20, 2010 from Alice Springs, Australia
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WayOutBack

Uluru (Ayers Rock), Australia


Nous y voilà. 6h du matin. Pas bien frais. Une valise refaite en vitesse pour partir 5 jours dans le bush. Et le truck de WayOutBack s'arrête devant notre hôtel miteux tandis que notre guide, lampe frontale sur la tête, saute de son cockpit pour nous accueillir et nous faire monter on board.
Son nom est Steeve. Et Steeve n'est pas un guide comme les autres :
1/ C'est un Centralian Centurion. Les Australiens qui vivent dans le red center s'appellent fièrement entre eux "Centralians". Et Steeve a droit au titre de Centurion parce qu'il fête sa centième excursion dans le bush.
2/ C'est un photographe quasi-professionnel qui se dit modestement amateur. Il a un Canon 5 F et une batterie d'objectifs qui valent le prix d'une voiture. Mais surtout, il n'est pas avare de conseils avec les petits gars qui débutent comme moi (pour le plaisir : http://www.stevenpearcephoto.com/).
3/ Il est diplômé en informatique de l'Université de Brisbane et il a dirigé un labo de recherche pendant 4 ans, mais il a profité d'un plan de licenciement pour partir visiter la vieille Europe. Et à son retour, il a décidé de venir dans le Bush et de financer sa passion de photographe par un job de guide (qui lui laisse du temps et lui donne l'occasion de s'exercer in situ). Il n'est ni le premier ni le dernier de ce genre qu'on rencontre. Les Australiens ont infiniment moins peur des grands sauts que nous autres frenchies.
4/ Steeve est cool. Il parle avec un accent de brisbane embourbé par le bush. Ses expressions favorites : "It's wicked, mate !", "That's epic !" et "It's all ooover red river..."
5/ Par ailleurs, ce qui parait-il ne gâche rien, Steeve est beau gosse. Un charme bohème - quelque part entre Brad Pit et Martin (mon petit frangin) si j'ai bien compris - qui tient peut-être à ses yeux bleus cobalt,
à ses rastas blondes (longues comme le bras), où à son côté cow-boy aventurier.
6/ Malheureusement (ou heureusement) Steeve est déjà macqué...

Parlons un peu quand même d'Uluru. Un bout de roc rouge, aussi massif qu'impressionnant, dont on comprend, quand on est à ses pieds, que les aborigènes l'ait chargé d'une telle mystique. Le rocher est lui même emblématique de la relation compliqué que les australiens blancs entretiennent avec les populations aborigènes.

Les anglais se sont installés il y a un peu plus de deux cents ans, mais l'exploration du centre de l'Australie n'a guère que cent ans. Les aborigènes, eux, sont là depuis près de 40 000 ans. Dans leur culture cependant, il n'y a pas de notion de propriété de la terre, ils n'en sont que les gardiens (u sens anglais de "care taker"). Autant dire que les vieux réflexes européens ont vite colonisé jusqu'au dernier lopin et qu'il a fallu des années de lutte et de procès pour qu'une partie de ses terres soient rendues aux aborigènes. Uluru par exemple leur est revenu en échange d'une concession d'exploitation touristique du site pour gouvernement fédéral. Escalader le rocher est une offense pour les aborigènes. Et la via ferrata qui monte au somment à déjà fait plusieurs morts (600 m de dénivelé avec une pente à 45° sous une température fleurtant souvent avec les mêmes 45°, il y a de quoi achever plus d'un touriste imprudent). Pourtant, le premier ministre australien se refuse aujourd'hui a exaucé la promesse symbolique faite par son prédécesseur de fermer l'accès au sommet. Les uns et les autres font de gros efforts pour avancer ensemble, mais les errements du passé et les atrocités commises par les colons sont encore douloureusement proches.
Uluru n'est que notre premier pas vers les aborigènes, la porte d'entrée exotique (et touristique à souhait) d'une culture aussi secrète que fascinante.

http://picasaweb.google.com/microsam/AyersRock#

permalink written by  Anne & Sam on March 21, 2010 from Uluru (Ayers Rock), Australia
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Uluru's big brother

Kata Tjuta (The Olgas), Australia


Première nuit dans le bush. Feu de camp, pasta à kangourougnaise et installation des swags (sac isolant avec un fond en toile néoprène,
deux fermetures éclairs sur le dessus et un matelas roulé à l'intérieur). On dort à la belle étoile, sous une voie lacée comme on ne l'avait encore jamais vue (on est dans un des endroits les moins pollués du monde). Elle est tellement brillante que les aborigènes y voit un Emeu en creux. Et c'est quand cette partie sombre de la voie lactée (qui a une forme d'émeu) se tient debout sur l'horizon que l'heure est idéale pour partir à la chasse du grand oiseau.
A peu près l'heure à laquelle Steeve sonne le branle-bas de combat. Pas question de manquer le lever de soleil sur Kata Tjuta. Steeve est un "sunset/rise hunter". Il ne quitte jamais son compas et a l'indispensable application iphone qui donne les heures ainsi que les orientations exactes for dusks and dawns.
Il minute donc nos trajets pour nous emmener sur ses spots privés. Et il court installer son trépied. Il est cool, Steeve. J'adore chasser le soleil avec lui.
Kata Tjuta, où on fait une randonnée de 7km, est le grand frère d'Uluru. Une roche sablonneuse sédimentée, vieille de plusieurs centaines de millions d'années. Contrairement à Uluru, ses couches de sédimentations sont bien horizontales; Car un bouleversement tectonique a fait basculer le gros roc rouge à 87° (ie presque vertical). Contrairement à Uluru aussi, on ne sait pratiquement rien des légendes aborigènes sur Kata Tjuta. Non pas qu'il n'y en ait pas, mais juste parce que les aborigènes ont accepté de "vendre" leurs secrets pour la concession d'Uluru et qu'en revanche, ils ne confient à aucun étranger les mystères de ce grand frère qui est sans doute beaucoup plus précieux dans leur mythologie tellement il est plus impressionnant.
A peine 7h du matin, et on traverse ses dômes ocre, on se glisse dans la vallée du vent pour une marche aux couleurs ahurissantes.
On déjeune à Curtin Springs.
Et sur la route de King's Creek, on fait une longue pause pour ramasser du bois...
Mais quand Steeve veut du bois, c'est pas la peine de ramener des brindilles. Tout ce qui est plus fin que son bras aura été ramassé pour rien ! Par 35°, on s'échine donc à arracher et débiter des arbres morts dans le bush pour les monter sur le toit truck. On fait le plein pour nos cinq jours de treck.

http://picasaweb.google.com/microsam/KataTjuta#

permalink written by  Anne & Sam on March 22, 2010 from Kata Tjuta (The Olgas), Australia
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King's canyon and Ernest Gile "Road"

Kata Tjuta (The Olgas), Australia


Dormir à la belle étoile, au milieu du bush, à même le sol, enroulé dans son swag, est une expérience inoubliable. Mais quand les moustiques s'en mêlent, ça devient l'enfer ! Les escadrons de la mort nous attaquent au coucher du soleil. Juste après un diner dantesque (des dampers - pain sans levure - cuîts dans la braise, poulet pané au feu de bois et salade de légumes). C'est notre tour. On se fait dévorer. Des piqures par dizaines qui laisseront de douloureuses cicatrices à Anne. Et une nuit atroce à les entendre bourdonner dans nos oreilles sans pouvoir se protéger. Ils plantent leurs dards à travers les vêtements et même le swag si on en croit nos doigts de pieds grêlés.
Dans le bush, on prend vite l'habitude de se lever une heure avant l'aube, mais ce matin, on a du mal à décoller tellement le sommeil fut « itchy ».
Pourtant, les lumières de l'aurore embrasant King's canyon nous font vite oublier ces petits désagréments. On est les premiers sur la piste et on prend nos distances avec le groupe pour profiter du paysage en pleine solitude. "That's epic scenery, mate !"
Le sentier est vertigineux. Je suis d'ailleurs interdit d'approcher à moins de trois mètres du bord. Mais c'est beaucoup trop m'en demander, il faut que je grimpe, que je contemple le vide, que j'immortalise la sensation. Ca me vaut un petit quart d'heure de boudin, mais Anne
n'est pas rancunière. Et puis je ne suis pas tombé... Sauf dans le water-hole du Garden of Eden ! A la fin des gorges, la rivière s'enferme dans une immense cavité où la végétation a profité de l'humidité et de l'ombre pour créer un havre luxuriant. Un petit coin de paradis où je ne résiste pas à piquer une tête.
Après 4h de marche et un rapide lunch,
on reprend la route vers notre destination de ce soir : Oak Valley et sa communauté aborigène. On coupe par la légendaire Ernest Gile Road dont le titre est plus que prétentieux.
C'est au mieux une piste de sable. Steeve nous a prévenu : ici dans le Red center, on peut tenir un consistant 100 km/h de moyenne parce qu'il n'y a pas plus de voiture que de virage sur les routes. Ce qu'il nous apprend maintenant, c'est qu'on tient aussi très bien le 100 km/h de moyenne sur les pistes du bush. « It will be quite shaky. So fasten your seat belts, be aware of every loose objects, and shout if you need to stop. And it won't be more bumpy if we go faster but it will definitely be quicker. So enjoy mates and let's Rock and Roll ! »
Juste pour vous donner une idée : on fait un premier arrêt parce que le bois accroché sur le toit se casse la gueule, les vibrations ouvrent les bouchons de nos gourdes qui se vident dans nos sacs à dos et on sauve l'appareil photo de justesse. Les mêmes vibrations finissent par ouvrir la fenêtre d'Anne et un de nos sacs s'envole. On hurle, mais le temps d'être entendu et d'arrêter le bolide, on a déjà fait 300m.
Steeve saute du truck et court par 40° chercher le paquet perdu. Il me le lance, saute au volant, trempé de sueur, et on repart illico...
Lors de ce trajet épique, on aperçoit des kangourous qui détalent le long de la « route » et on fait aussi quelques pauses pour observer deux « white tail eagles » et un « dragon lezard ».

http://picasaweb.google.com/microsam/KingSCanyon#

permalink written by  Anne & Sam on March 23, 2010 from Kata Tjuta (The Olgas), Australia
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Oak Valley and aboriginal dive in

Uluru (Ayers Rock), Australia


Les moustiques attaquent au crépuscule, mais il y a une plaie diurne dont je ne vous ai pas encore parlé : ce sont les mouches. Elles ne piquent pas, elles bourdonnent vaguement, pourtant ça suffit à rendre fou. Elles cherchent l'humidité, et par 35°C à l'ombre, on en produit beaucoup : transpiration bien sûr, mais pas seulement, salive aussi, liquide lacrymal ou respiration. Et elles sont tellement nombreuses qu'elles finissent invariablement par trouver la source... dans vos yeux, votre bouche, ou votre nez. Les autochtones passent leur temps à se flageller les épaules avec des branches d'arbres pour les écarter.
Et les étrangers achètent des « Flies Net » (un filet qu'on s'enfile sur la tête, aussi disgracieux qu'étouffant). Anne ne le quitte pour ainsi dire jamais. Quant à moi, je le mets assez rarement parce qu'il donne chaud et qu'il est totalement impratique pour prendre des photos. Je marche donc la plupart du temps en utilisant la méthode des locaux, ou en essayant simplement d'ignorer ses charmantes bestioles.
Sauf que ce matin, une demi- heure avant l'aube (« Flies are clock » comme dit Steeve), dans notre campement de Oak Valley où nous avons dormi à l'abri d'une tente moustiquaire (un truc génial pour les pays où il ne pleut pas, on voit les étoiles, on sent la brise du soir et on est à l'abri de tout ce qui rampe, saute, ou vole).
Ce matin à Oak Valley donc, il fait encore nuit tandis que les mouches débarquent par milliers. Je ne suis pas réveillé, je n'ai pas mangé, je n'ai pas pris de douche et je cherche désespérément mon Fly Net dan nos sacs à la lueur de ma lampe frontale. Mais au bout de dix longues minutes, il faut se rendre à l'évidence : ON L'A PERDU. Je ne sais pas qui l'a perdu et je m'en fous. Tout ce que je sais, c'est qu'il faut démonter la tente, replier les swags et refermer la valise avec une nuée de saloperies qui me rentrent dans la bouche, se tassent sous mes paupières et m'obstruent les narines. Autant vous dire que mon humeur devient vite assassine et que malgré mes efforts pour contenir mes instincts meurtriers à l'encontre de la seule sous-race des drosophiles, tout le monde dans le camp a bien compris qu'il valait mieux ne pas m'emmerder. Anne me propose son filet bien sûr, mais je n'en veux pour rien au monde. J'ai juste envie de rester très très énervé et d'exterminer ces putains de mouches à coup de bombe au napalm (la perspectives des possibles dommages collatéraux me réjouit presque autant que la réparation de l'indéniable erreur commise par l'évolution avec cette aberration de drosophile).
Quand je finis par me dérider, Craig, notre hôte aborigène, est assis au pied d'un gros rocher et dessine dans le sable en même temps qu'il nous conte son histoire. Craig est un métis, comme son grand-père qui était le premier aborigène à la « milky skin» issu des brutalités encouragées par le gouvernement, il y a à peine cent ans encore, pour « assimiler » les populations autochtones. Il fut détesté par les siens (blanc chez les noirs autant que noir chez les blancs) et arraché de force à sa terre pour être élevé dans une famille blanche en le coupant de ses racines. Craig, qui flirte avec la quarantaine, fait lui aussi partie de cette génération volée (un terme qui prend un sens meurtrier quand on sait que la culture aborigène, totalement orale, est transmise en sautant une génération de grand-père à petit fils... car les parents, eux, sont occupés à assurer la survie de la famille).
Craig a étudié à l'université, parle parfaitement l'anglais, a voyagé, mais est revenu s'installer sur la terre de ces ancêtres. Et pour ça, il lui a d'abord fallu se battre. Huit ans de procédure pour prouver que sa famille avait une légitimité sur la terre des Rainbow Hills (une centaine de km carré). Pas de titre de propriété évidemment, pas plus que d'archive, pas la moindre trace écrite. Il a donc fallu accepter l'humiliation et le sacrilège de recevoir un anthropologue pendant plusieurs semaines, de le faire participer à toutes les cérémonies rituelles du clan et de lui conter les histoires secrètes qui servent de support à la connaissance de cet environnement hostile. Où est l'eau ? Où sont les ressources ? Quand et comment on les trouve ?
Au final, ce sacrifice a payé : Craig et les siens ont récupéré leurs terres, et avec une oliveraie et des vignes, la communauté aborigène de Oak Valley est devenue auto-suffisante tout en gardant ses racines. Un modèle du genre pour les blancs, comme pour les aborigènes qui envoient leurs enfants à Craig afin qu'ils leurs transmettent un peu de sa sagesse et de son savoir.
Craig n'accepte de recevoir que WayOutBack parmi les nombreux tours operators qui quadrillent la zone, parce qu'ils fait confiance au patron, et qu'il ne veut pas devenir trop gros. Il refuse de compter. Au delà de 4, c'est une poignée et si un ordinateur ou une calculatrice sont nécessaires pour calculer, c'est tout simplement qu'il ne faut pas le faire. Plus d'argent ne lui servirait à rien. Il n'a besoin que de ce qui est nécessaire pour faire vivre sa communauté.
Assis sous son rocher, il dessine dans le sable les symboles qui marquent le Tjukurpa. L'histoire de la création inscrite dans chaque élément du paysage (et qui n'a rien à voir selon lui avec le Temps du Rêve comme on le lit partout. Craig nous explique qu'un anglais a du voir un aborigène accroupi, les yeux fermés, psalmodiant le Tjukurpa et que l'anglais en a déduit que son ancêtre était dans une sorte de transe rêvée. Alors qu'il était juste dans une position de concentration pour essayer de se souvenir de l'histoire que son grand-père lui avait raconté des années plus tôt. Histoire dans laquelle il trouverait les clés pour survivre à un long voyage. Comment suivre la piste chantée en observant le paysage, où chasser, quand, quoi manger...)
Craig nous parle de Kunya, le serpent arc-en-ciel à l'origine du monde. Comment il a façonné la terre et laissé des marques de son passage dans le paysage. Il nous raconte l'arrivée des premiers hommes, partis dans toutes les directions et créant les huit zones de langages aborigènes. Son récit est émaillé de silences, des creux qui invitent au questionnement, mais qui marquent surtout la limite de ce qu'il est près à nous confier. Il pourrait parler pendant des heures et je pourrais en passer autant à essayer de vous retranscrire l'aura de cet homme capable d'accepter ce que les blancs lui ont fait pour vivre avec eux, capable de s'adapter aux dernières technologies pour faciliter la vie des siens, tout en restant fidèle à ses traditions. Il refuse de dormir sous un toit, il reçoit les clans alentours pour pratiquer les cérémonies rituelles, et il pratique la justice aborigène :
si tu es assez adulte pour commettre une faute, tu dois l'être aussi pour en assumer les conséquences. La punition peut aller d'une lance plantée dans la jambe à la mort par lapidation (autant dire que les lois du clan et celle de la justice australienne entrent régulièrement en conflit). Mais si Craig me plante une lance dans la jambe pour me punir, il a aussi la responsabilité de me soigner. Ainsi la prochaine fois qu'on se croisera c'est tout ce qu'il en restera.

http://picasaweb.google.com/microsam/OakValley#

permalink written by  Anne & Sam on March 24, 2010 from Uluru (Ayers Rock), Australia
from the travel blog: Australia, another step in Darwin's shoes
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West McDonnell Ranges

Alice Springs, Australia


Notre dernier "camp site" est de loin le plus impressionnant. On s'enfonce dans les west macDonnel ranges via une piste où Steeve manque plusieurs fois de nous ensabler, et on s'installe dans le lit de la Finke River. Au beau milieu de nulle part et à des kilomètres de tout. Il n'y a rien. Pas d'eau, pas de douche, pas de barbecue, pas de toilettes. Juste pour les commodités Shyla et Tyrell. Shyla the shovel et Tyrell the toilet paper...
On a droit, ce soir, à un curry de légumes sur le feu et on se boit nos deux dernières bières à la lueur incroyable du crépuscule.
Tout est idyllique, il faut juste ne pas faire attention aux stimson pythons qui tombent des arbres. Une bagatelle !

Lever aux aurores, comme d'habitude, après une nuit de rêve, sans moustique ni mouche au réveil, ni même python dans nos swags.
On attaque la plus longue et la plus belle randonnées de ces cinq jours dans l'Outback. Steeve nous à garder le meilleur pour la fin : les Redbank Gorges !
La tectonique des plaques a créé ici ce qui s'appelle en anglais "a pound" : une vallée fermée sur tout ses côtés. On escalade donc le flanc de la montagne pour découvrir au sommet cette incroyable vallée cachée. On a l'impression d'avoir trouvé une cluse du temps des dinosaures qui aurait survécu en secret.
Les parois sont vertigineuses. Les couches de roche sont tordues par les pressions tectoniques. Les couleurs sont incroyables. Et même le ciel st écrasant.
La marche devient vite aventureuse car il faut traverser la rivière... en nageant par deux fois. Autant dire que pour Steeve, comme pour moi, il y a de gros enjeux pour ne pas mettre les appareils photos à l'eau. On prend donc les chemins de traverse qui nécessitent un peu moins de nage et beaucoup plus d'escalade.
Au bout de cinq heures pour parcourir ces 7,5 km, on a chaud, très chaud. Steeve nous emmène donc piquer une tête dans Ellery Creek. Notre guide préféré se baigne toujours en pantalon. Son côté cow-boy. Je me baigne tout habillé comme ça je fais d'une pierre deux coups : je me lave moi et mes fringues en même temps.
On quitte l'Outback et ces Centralians à regret, mais Darwin et la Rain Forest nous attendent, 2000 km plus au Nord.
http://picasaweb.google.com/microsam/LapintaTrail#


permalink written by  Anne & Sam on March 25, 2010 from Alice Springs, Australia
from the travel blog: Australia, another step in Darwin's shoes
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